Steadicamer : il rate son selfie et écope de 3 mois de suspension

Il avait pourtant mis les formes : le contre jour, les lunettes de soleil, la casquette à l’envers et bien entendu les hashtags de référence (#matos #biggear #verygoodfeature #muscle) mais rien n’y a fait. Lorsque Bastien a posté sa photo sur les réseaux sociaux, ce dernier était loin d’imaginer qu’elle n’allait recueillir que 37 likes. 

portrait de l’inventeur du Steadicam

Il est de coutume pour un opérateur effectuant des mouvements stabilisés pour l’audiovisuel de mettre en avant le fruit de son travail sur Facebook. Mais s’il existe des codes à respecter pour que la photographie touche un nombre important d’internautes, il semblerait que ce 30 mai 2017, Bastien, 27 ans, steadicamer de vocation, soit complètement passé à côté d’une certaine fierté éphémère. Il ne s’agissait pourtant que d’une simple photo. Mais comme il a pu l’apprendre lors de sa formation Afdas, Steadicinstagram : “un grand pouvoir implique de grandes responsabilités”. Et le jeune opérateur n’en a fait qu’à sa tête, oubliant l’essentiel filtre X-Pro II sur le réseau de partage de photos. Il livre ainsi une photo issue de son Huawei P9, fade, sans trop de contrastes et des couleurs bien trop naturelles. “Et c’est une erreur de débutant. Surtout venant d’un steadicamer qui n’en est pas à sa première paella.  Un selfie steadicam, c’est minimum 120 likes. Nous nous sommes accordés là dessus à l’AFCS (Association Française des Cadreurs/Cadreuses Steadicam,ndlr)nous raconte Bernard Nais, opérateur depuis trois générations. “Ce qu’a fait ce jeune homme est impardonnable, c’est pourquoi nous avons décidé de le sanctionner.” La photo en question a été retirée des réseaux sociaux au plus vite avant que le vent de l’échec ne souffle sur la profession. Elle a été soumise à un conseil exceptionnel qui a décidé la mise à pied de Bastien.

Bastien ne pourra ainsi plus chausser son Steadicam avant septembre 2017. Il risque de rater les longs métrages de la saison 2017, mais c’est une bonne occasion pour un point break. Sur la plateforme d’information Steadipress International, le jeune padawan plaide coupable et choisit la retraite afin de méditer et prendre du temps pour soi. “J’ai choisi de faire le point sur ma vie et réfléchir aux torts que mon acte a pu causer. Je suis arrivé à un tournant de ma vie où il faut que je mesure les conséquences de mes agissements. J’ai blessé des personnes avec cette photo et 3 mois seront peut être insuffisants pour réparer ce que j’ai fait”.

“Mais en septembre, je serai de retour” explique Bastien. “Bien plus fort et les cheveux longs comme mes frères d’armes”. Nul doute que Bastien saura trouver la voie et reviendra des montagnes du Puy-de-Dôme avec une crinière de Maître Steadicamer. Car pour le moment, les cheveux, il les a courts et cela lui vaut toujours les railleries de ses petits camarades. “Quand j’avais 7 ans, j’ai vu Shining et je savais que le Steadicam serait ma voie. Aujourd’hui, je ne souhaite pas simplement le pratiquer mais bel et bien rentrer au Panthéon de l’image stable.” Pour cela, il devra faire honneur à ce grand proverbe de Frédérique Niche, philosophe et steadicamer les week-ends et jours fériés : “ce qui ne me détruit pas me rend plus fort”.

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